Histoire du Cameroun

Du 14 juillet 1884, jour où Gustav Nachtigal hisse le drapeau allemand à Douala, à 1918, année où les Allemands doivent abandonner le Cameroun, ce territoire est sous le protectorat de Berlin. Lors du traité de Versailles (France) le 28 juin 1919, l’Allemagne renonce à tous ses droits sur le Cameroun en ratifiant le traité qui stipule à l’article 119 : “l’Allemagne renonce en faveur des principales puissances alliées et associées à tous ses droits et titres sur ses possessions d’Outre-Mer”.

Le 10 juillet 1919, la France et l’Angleterre se partagent le Cameroun. L’Angleterre administre la partie occidentale du pays (un cinquième du territoire) et la France la partie orientale (quatre cinquièmes).

Cette administration se fait au nom de la Société des Nations (SDN). C’est le régime du mandat. Dans la partie administrée par la France, au plan social, deux événements dignes d’intérêt interviennent au cours de la période du mandat : il s’agit, d’une part, de l’institution de l’indigénat, en 1917, et abolit par la conférence de Brazzaville ; d’autre part, de la création le 18 décembre 1944 de l’Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC) affiliée à la Confédération générale des travailleurs (CGT) française.
Le 7 mai 1946, la loi Lamine Guèye reconnaît la citoyenneté aux ressortissants des territoires d’Outre-Mer dont le Cameroun.
Le 5 octobre 1946 est institué au Cameroun le suffrage censitaire et capacitaire. Un décret français du 25 octobre 1946 crée l’Assemblée représentative du Cameroun (ARCAM) avec deux sections : 18 Français et 32 Camerounais élus par deux collèges distincts. L’ARCAM est remplacée en 1952 par l’ATCAM (Assemblée territoriale du Cameroun) qui sera à son tour remplacée en 1956 par l’ALCAM (Assemblée législative du Cameroun).

Avec la création de l’Organisation des Nations Unies en 1945, les anciens territoires sous mandat passent sous le contrôle du Conseil de Tutelle qui doit veiller à leur marche vers l’indépendance.

En 1957, l’Histoire s’accélère. En vertu de la loi cadre Gaston Defferre du 23 juin 1956, un décret français du 16 avril 1957 accorde l’autonomie au Cameroun sous tutelle française. Il passe du statut de territoire sous tutelle à celui d’Etat sous tutelle. Dès lors la citoyenneté camerounaise est reconnue. Le Haut Commissaire Pierre Messmer qui tient le rôle de Chef de l’Etat nomme André Marie Mbida Premier ministre. Ce dernier est investi par l’Assemblée législative du Cameroun le 10 mai 1957. Le 10 mai devient jour de la fête nationale. L’ALCAM choisit le drapeau du Cameroun (Vert-Rouge-Jaune), l’hymne national “O Cameroun berceau de nos ancêtres” et la devise du pays “Paix-Travail- Patrie”.

En Janvier de l’année 1958: le Haut-Commissaire Messmer est remplacé par Monsieur Jean Ramadier. A la suite d’un conflit entre le nouveau représentant de la France et le Premier Ministre, André Marie Mbida, ce dernier démissionne le 13 janvier 1958 et est remplacé Les camerounais se tenaient informer grace à la radio Yaoundé le 18 février 1958 par Ahmadou Ahidjo, alors vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur. L’ALCAM opte le 12 juin 1958 pour l’autonomie interne complète qui sera accordée au Cameroun le 1er janvier 1959 par la France.
L’année 1959 est marquée par le passage de nombreuses délégations du Cameroun devant l’Assemblée Générale des Nations-Unies pour plaider en faveur ou contre l’indépendance immédiate de leur pays. Finalement le 12 mars 1959, la commission de tutelle de l’Assemblée générale de l’ONU vote par 56 voix contre 9 et 16 abstentions l’abrogation de l’accord de tutelle. Le 1er janvier 1960, le Cameroun sous tutelle de la France accède à l’indépendance conquise de haute lutte sous le nom de République du Cameroun. Le pays est aussitôt admis à l’ONU

Dès son accession à la souveraineté internationale, le Cameroun se dote des instruments d’un Etat moderne. Le 21 février 1960, un projet de Constitution est soumis au référendum populaire et accepté par 797 498 oui contre 531 075 non. Cette Constitution promulguée le 4 mars 1960 se caractérise par un régime parlementaire spécifique où le gouvernement est responsable devant l’Assemblée et le Président de la République. Le 5 mai 1960, Monsieur Ahmadou Ahidjo est élu Président de la République du Cameroun. Le 16 mai de la même année, Charles Assale est nommé Premier ministre.

Le Cameroun sous la tutelle britannique, doté en 1954 d’une Assemblée législative, mais faisant partie intégrante sur le plan administratif de la République du Nigeria, s’était prononcé le 7 novembre 1959 pour le maintien de la tutelle par un plébiscite. Une seconde consultation, décidée par l’ONU, a eu lieu le 11 février 1961. La partie sud du territoire sous administration britannique, dirigée par le Premier ministre John Ngu Foncha, par voie de référendum se prononce à une écrasante majorité de 233 571 voix contre 97 741 pour son indépendance et son rattachement à la République du Cameroun. Dans la partie Nord du Cameroun sous tutelle de la Grande Bretagne, 60 % des voix furent favorables à un rattachement au Nigeria. Ce pourcentage qui ne semble pas avoir été obtenu par une procédure régulière fit l’objet de nombreux débats et réclamations. Le 1er juin 1961, le Cameroun septentrional est rattaché au Nigeria.

Le 1er octobre 1961, la partie méridionale du Cameroun sous tutelle britannique, dite Cameroun occidental et la République du Cameroun sont réunies sous le nom de République Fédérale du Cameroun. La Constitution de 1961 définit le Cameroun comme un Etat fédéral avec un régime politique présidentiel. Le Président de la République est à la fois chef de l’Etat et chef du gouvernement. Il est assisté d’un vice-président.

1966 : le multipartisme disparaît. Les partis poli- tiques fusionnent pour donner naissance à l’Union Nationale Camerounaise (UNC). C’est le début du régime du parti unique.

Onze ans après la Réunification, la volonté d’unité se manifeste une fois de plus lors du référendum du 20 mai 1972. Résultats : 3.217.056 voix pour, 158 contre. C’est la fin des structures fédérales et la naissance de la République Unie du Cameroun. La Constitution de 1972 maintient le régime présidentiel. Le président de la République n’est plus assisté d’un vice-président ; les deux Etats fédérés disparaissent pour faire place à un seul Etat. Les quatre assemblées sont réduites à une seule : l’Assemblée nationale.

Novembre 1982. Deux événements majeurs marquent l’histoire du Cameroun : la démission surprise du président Ahmadou Ahidjo le 4 novembre et l’accession le 6 novembre à la magistrature suprême de Paul Biya, Premier ministre depuis 1975, en vertu de l’amendement constitutionnel issu de la loi N° 79/02 du 19 juin 1979. Dans le discours-programme qu’il prononce le jour de sa prestation de serment à l’Assemblée nationale, Paul Biya se révèle à ses compatriotes et à la communauté internationale. Il axe d’emblée son action sur la démocratisation de la vie politique, la libéralisation sociale et économique, la rigueur dans la gestion et la moralisation des comportements ; le renforcement de la coopération internationale. Pour de nombreux observateurs, Paul Biya apparaît très vite comme l’incarnation du rêve d’un Cameroun nouveau, conscient de son potentiel et revendiquant une meilleure place dans le concert des nation